Mme-Gres

Mme Grés, « la couture à l’œuvre » – Musée Bourdelle – Paris

 

 

« Je voulais être sculpteur. Pour moi, c’est la même chose de travailler le tissu ou la pierre ».

Cette phrase résume à elle seule les 50 ans de création de cette femme, fascinée par le vêtement antique et qui ne cessera de l’interpréter jusqu’à sa forme la plus épurée, inaugurant par la même le minimalisme.

Mme Alix Grés travaillait ou plutôt sculptait directement sur un mannequin en y épinglant le tissu, lui donnant sa forme, recherchant encore et toujours la pureté de la ligne.

 Photographie Louis Freyssinet

Son œuvre fut exposée au Musée Bourdelle à Paris durant quatre mois. Ce lieu, de prime à bord, pouvait paraitre comme atypique pour une rétrospective de mode, mais les robes-sculptures d’inspiration Hellénistique de Mme Grés ont trouvé naturellement leurs places parmi les œuvres d’Antoine Bourdelle, élève d’Auguste Rodin.

Je fus très étonné d’apprendre qu’il s’agissait de la toute première rétrospective de cette figure majeure de la Haute Couture française, la toute première ayant eu lieu à New York en 1994.

Il aura donc fallu attendre 17 ans pour qu’une exposition de son travail ai enfin lieu à Paris. Visiter cette rétrospective c’était aussi lui rendre hommage et constater que 70 ans après ses premières créations, ces dernières restent d’une étonnante modernité.

L’intemporalité c’est aussi cela le talent !

Pour ceux qui n’ont pas eu la possibilité de se rendre à cette exposition, le texte ci-dessous est pour vous.

Je ne connaissais pas particulièrement ni la vie, ni le travail de Mme Grés avant cette rétrospective. Madame Grés était avant tout un nom parmi d’autres croisé au hasard de lecture, notamment au travers les biographies de YSL et Christian Dior.

Au fur et à mesure de cette exposition j’ai tout de suite compris la passion, voir le culte que pouvaient entretenir d’autres grands créateurs pour « la femme au turban » qui par un travail acharné, sera consacrée par ses pairs en recevant le Dé d’Or en 1976.

Au delà de ces créations d’apparences simples, comment ne pas être éblouit par leurs technicités très avancées. Parmi l’ensemble des techniques inventées par Mme Grés, deux sont toujours utilisées aujourd’hui.

Celle qui l’aura consacrée bien au delà de nos frontières  est «la maîtrise du drapé en coupe en biais» qui apporte une grande fluidité et un tombé parfait. Tellement parfait qu’une bonne partie du Hollywood des années 40, 50 ne s’y trompera pas et ne jurera que par ses créations.

L’autre porte aujourd’hui son nom: le pli Grès. Il s’agit d’un pli formé pendant l’élaboration de la robe, puis cousu.

Je fus aussi révolté en apprenant que sa maison de couture sera funestement mise à sac lors de la liquidation de son entreprise peu de temps après son rachat dans les années 80. Elle aura vu ses locaux vidés sans ménagement, son mobilier détruit, ses mannequins fracassés à coup de haches, et ses créations jetées dans des sacs poubelles à même le trottoir.

Tragique fin de parcours…

Robe du soir Madame Grés 1954 – Photographie Henry Clarke

Née avec le siècle le 30 novembre 1903, elle disparaitra dans l’indifférence quasi totale de ses pairs le 24 novembre 1993. Sa fille, Anne, ne révèlera sa disparition qu’un an après.

Elle fut, elle est et restera une référence pour les créateurs d’aujourd’hui et de demain, comme elle le fut pour tant d’autres par le passé, Christian Dior et Yves Saint Laurent en tête.

A noter que la visite proposait également un documentaire issu d’une émission des années 60 « Aujourd’hui Madame » où Mme Grés interviewée expliquait entre autre qu’en voyant, qu’en touchant un tissus, elle visualisait très vite la robe qui apparaissait ensuite sous ses doigts.

Je n’ai pas retrouvé pour le moment ce reportage. Si vous tombez dessus n’hésitez pas à m’en parler afin que je rajoute le lien à cet article.

A souligner également le don de La Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent à l’occasion de cette exposition en offrant au Musée Galliera prés de 2900 dessins de Mme Grés et de ses ateliers. Ces dessins avaient été collectionnés par Monsieur Saint Laurent pendant près de 40 ans.

Pour finir voici trois vidéos qui présentent cette exposition et ce que vous avez manqué !   :


Video & interview : Christophe Ecoffet
Paris.fr


Terrafemina


ParisModes avecl’AFP.

Pour vous plonger dans son univers un très beau catalogue regroupe l’ensemble des modèles qui furent proposés durant cette exposition :

Madame Grès La couture à l’œuvre Musée Galliera, 224 pages, Format 20 x 25 cm, relié, 300 illustrations, 37 €

Vous pouvez toujours bien entendu visiter ce très beau musée à deux pas de la Tour Montparnasse.

Musée Bourdelle
18, rue Antoine Bourdelle
75015 Paris
Tél. : 01 49 54 73 73
Fax : 01 45 44 21 65
www.bourdelle.paris.fr
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h sauf jours fériés.
Métro : Montparnasse – Bienvenüe / Falguière

Madame Grés pas Crespi, Femina, avril 1949, p60.

Oborobo.

2 Comments

  1. Posted 1 décembre 2011 at 5 h 49 min | #

    Shoot, who would have thought that it was that easy?

  2. Supercondriaque Té
    Posted 7 avril 2014 at 4 h 22 min | #

    Excellent way of describing, and fastidious paragraph to take
    facts about my presentation topic, which i am going to deliver
    in institution of higher education.

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