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Diane Arbus au Jeu de Paume, Paris

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer cet article par sa conclusion :

Courrez à la rétrospective Diane Arbus.

Cela étant dit, voici ce qui devrait fort logiquement vous mener vers le Jeu de Paume.

Diane Arbus est un des photographes majeurs du XXème siècle. Très curieusement et à l’inverse des Cartier Bresson, Man Ray, Brassai, Diane Arbus n’est pas particulièrement connue en France. Et pourtant, son œuvre reprend un courant initié par un autre photographe américain, Walker Evans, qui avait lancé et imposé le style documentaire et urbain dans les années 30.

Les sujets de Diane Arbus exposés au Jeu de Paume, regroupent à peu prés tout ce que l’Amérique blanche conservatrice et bien pensante des années 60 ne voulait pas voir. Comprenez par là tout ce qui était contraire à cette Amérique économiquement et culturellement triomphante : les pauvres, les délinquants, « les anormaux » ou en tout cas ceux considérés comme tels,  les marginaux, les immigrés.

Ce qui est troublant au fur et à mesure de la visite, c’est de constater, presque cinquante ans après, que ces thèmes restent cruellement d’actualité et que l’on rencontre parfois, le même malaise, face à ces lilliputiens, à ces mongoliens (ou trisomiques), face à cette extrême pauvreté ou de manière plus légère lorsque notre regard croise ces couples nus, aux corps déjà « façonnés » par le temps et la vie.

Finalement rien ou peu de choses ont évolué, ce qui donne aux clichés de Diane Arbus une actualité criante.

Quelques photos viennent cependant nuancer notre vision sur cette société de l’ombre, comme le regard de ces enfants, de ce couple dansant et à l’air visiblement heureux,  de cette fausse bourgeoise à l’œil vif et rieur, prise sur la 5th Avenue à New York et bien d’autres encore. Cette rétrospective est un hymne à la vie, à la différence, à l’âme humaine dans ce qu’elle peut avoir de plus noble et de plus sombre parfois.

Diane Arbus a réussi à travers tous ces clichés à faire bien plus que nous livrer toutes ces « communautés » cachées,  elle nous révèle ici sa propre humanité, ô combien profonde et bienveillante.

Oborobo.

 

Pour ceux qui souhaitent explorer un peu plus l’univers de Diane Arbus, voici un film documentaire créé en 1972, « Masters of photography Diane Arbus ». Il est ici en anglais et en quatre parties.

Vous y retrouverez des personnes qui ont très bien connues Diane Arbus, elles vous parleront de sa vie et de son oeuvre. Parmis celles-ci, sa fille, Doon, et son professeur, la photographe Lisette Model…

Partie 1

Partie 2

Partie 3

Partie 4

« Masters of Photography Diane Arbus » 1972, produit et réalisé par John Musilli.

 

Diane Arbus
au Jeu de Paume
du 18 octobre 2011 au 05 février 2012
1 place de la Concorde 75008 Paris
Mardi de 12h à 21h
Du mercredi au vendredi de 12h à 19h
Samedi et Dimanche de 10h à 19h
Fermeture le lundi
Tél. 01 47 03 12 50

 

Toutes les photos de cet article font bien entendu partie de l’oeuvre de Diane Arbus. Elles ont presque toutes été extraites du portfolio en ligne de Diane Arbus.

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