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L’El Ateneo Grand Splendid de Bueno Aires, Argentine.

Nous passons la majeure partie de notre vie en intérieur, au bureau pour la plupart, dans notre maison, notre appartement, dans des lieux culturels tels des musées, des théâtres ou des cinémas sans oublier évidemment les magasins qui aujourd’hui, en tout cas pour les grandes chaines, rivalisent d’idées pour attirer encore et toujours plus de monde.
Ces lieux existent pour certains depuis des décennies voir des siècles, d’autres se construisent sous nos yeux, comme d’autres disparaissent.
Certains de ces endroits disparaissent sans nous émouvoir n’ayant pas d’intérêt architectural ou historique particuliers.

D’autres en revanche, malgré leurs valeurs architecturales, finissent par disparaître. Les exemples ne manque malheureusement pas : quelques-uns me viennent à l’esprit : Les Pavillons Baltard du quartier des Halles et le Palais Rose à Paris, ou les somptueux hôtels de la Cote d’Azur, détruits pour laisser la place à des immeubles sans âmes et généralement laids, ou au mieux ayant été évidés pour ne conserver que leurs façades tel que Le Palais de la Méditerranée à Nice.

Tous ces lieux étaient des endroits uniques, souvent grandioses. Mais au delà de leur aspect purement esthétique, ils furent avant tout des lieux de vie et d’échanges, et furent à leurs heures de gloire associés aux souvenirs et aux émotions de milliers de personnes.

Heureusement, certains de ces lieux survivent grâce à une reconversion.
C’était le cas de cette chapelle transformée en habitation à Utrecht dont je vous avais parlé l’année dernière (ici).
C’est ici le cas de l’ancien Grand Splendid Theater de Bueno Aires en Argentine.

Inauguré en mai 1919 par Max Glucksman, un immigrant autrichien, ce théâtre-cinéma traditionnel a trouvé sa place dans le quartier que l’on appelait alors le « Saint-Germain porteño » (le quartier Saint-Germain de Bueno Aires), au 1860 de l’Avenue Santa-Fé et était devenu l’icône culturelle de la ville.

Sa reconversion n’est pas récente, elle a été faite en 2000, mais elle a permis une belle rénovation qui, en sauvegardant la mémoire du lieu, a mis en valeur les stucs, moulures, sculptures de Troiaini ou la fresque de la coupole peinte par l’artiste italien Nazareno Orlando.
Au terme de cette rénovation, ce théâtre, dont l’existence avait été remise en question, est devenu une belle bibliothèque, la plus grande de toute l’Amérique du sud et fut même classée la seconde plus belle bibliothèque du monde selon le « Guardian ».

Ainsi, ce lieu, avec cette reconversion, a réussi à conserver sa vocation première, en demeurant un espace culturel avant tout, et en prônant un certain art de vivre avec ses espaces de lecture installés dans les balcons et son grand choix de références de livres.

Aujourd’hui quelques 3000 visiteurs par jour s’y rendent, lecteurs et touristes confondus. Les livres ont pris la place des spectateurs d’antan et les œuvres littéraires n’y sont plus jouées mais lues. Les mots ont investi les balcons, quant à la scène, aménagée pour y recevoir un café, accueille un autre spectacle, celui de la vie !

Voici, pour ceux qui n’auraient pas la chance se rendre à Bueno Aires prochainement, une vidéo qui vous fera découvrir l’El Ateneo Grand Splendid :


Video par Henrik Gronhaug, Musique « Manila » par Luc Bartoli

Oborobo.

 

El Ateneo Grand Splendid
Av Santa Fe 1860 | Barrio Recoleta, Buenos Aires, Argentine

 

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