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Eartha Kitt

 

Eartha Kitt,

Qui est cette femme ? Pour la plupart d’entre vous, cette artiste ne vous dira probablement rien. Si vous avez traversé les années 80 et étiez en âge de vous rappeler de certains tubes « Hi Energy » de l’époque, peut être que « Where is my man », ou encore « This is my life » vous parleront un peu. Sa discographie est comme elle : métissée, joyeuse, et contestataire (« I want to be evil »), ce qu’elle fut également.

 

 

 

 

Son répertoire, passant allégrement de la variété au Jazz, du Cabaret au Disco, n’a rien à envier à bien d’autres artistes de sa génération, voir de ce qui nous est proposé aujourd’hui, le talent et le glamour en moins.

 

 

Photo du The Telegraph 27 décembre 2008

 

Sa voix, son physique, sa vie, tout chez Eartha Kitt est atypique.

Eartha est née suite à un viol, d’une mère noire et cherokee et d’un père d’origine allemande ou néerlandaise. Envoyée très jeune à Harlem chez un oncle, cette jeune métisse à l’enfance malheureuse se bat et finit par réussir en enregistrant en 1953, un titre qui deviendra un classique des chants de Noel à savoir Santa Baby. Ce titre sera ensuite repris des dizaines de fois, par la quasi totalité des chanteurs et chanteuses de jazz ou plus récemment par Shakira, Madonna, Britney Spears pour ne citer que les plus récentes.

 

 

Après ce titre, la carrière de la nouvellement baptisée « Miss Kitt » ne faiblira plus. Entre deux albums toujours souvent influencés par le jazz, Eartha Kitt se fait connaitre du grand public américain en 1955 au travers de la comédie musicale « Mrs Patterson » à Broadway.

 

 

 

En 1967, elle continue son ascension en jouant la première incarnation de Catwoman dans la série télévisée Batman.

 

 

Cette artiste polyvalente attirera même le grand Orson Welles qui en fera son Hélène de Troie et l’intronisera comme étant la femme la plus excitante du monde !

Capable de chanter dans dix langues différentes, Eartha part à la conquête du monde et visitera plus de cent pays.

 

 

Cependant en 1968, sa carrière américaine se trouve mise à mal suite à une polémique lancée lors d’un déjeuner organisé à la Maison Blanche par la première dame de l’époque, Mme Lady Bird Johnson. Cette dernière, manifestement mal renseignée sur les opinions politiques d’Eartha Kitt, lui demande ce qu’elle pense de la guerre du Vietnam. La réponse est nette et sans appel :

« Vous envoyez le meilleur de ce pays se faire descendre et mutiler. Pas étonnant que les gamins se rebellent et fument de la marijuana. »

Elle continue alors sur sa lancée : « Les enfants de l’Amérique ne se rebellent pas sans raison. Ils ne sont pas hippies sans aucune raison. Nous n’avons pas ce que nous avons sur Sunset Boulevard sans aucune raison. Ils se rebellent contre quelque chose ».

« Il y a tellement de choses qui brûlent les gens de ce pays, en particulier les mères. Ils sentent qu’ils vont élever des fils, et je sais ce que c’est, et vous avez des enfants vous-mêmes, madame Johnson – nous élevons des enfants et nous les envoyons à la guerre. »

Lady Bird Johnson s’effondre en larmes. La carrière de Miss Kitt aux Etats-Unis est terminée.

 

 

Cette prise de position sans ambigüité, la rend excessivement impopulaire et l’oblige à quitter les Etats-Unis jusqu’en 1974.

Cet engagement ne sera que le premier d’une longue série. Eartha se battra entre autre pour les minorités qu’elles soient d’ordre ethniques ou sexuelles et se mobilisera très tôt dans la lutte contre le sida.

Son engagement auprès des populations défavorisées et / ou opprimées, ne faiblira jamais.

 

 

Sans publicité tapageuse, sans tomber dans le business charity, tranquillement, généreusement, elle aura consacré une grande partie de sa vie aux autres tout en menant sa carrière en parallèle.

Voici d’ailleurs une vidéo montrant Eartha recevant le Wisdom Awards en avril 2008. Elle en profite alors pour faire un clin d’œil très ému à toutes les épreuves qu’elle a traversées au cours de sa vie, en y faisant toujours face avec une grande positivité.

 

 

Miss Kitt décédée en 2008, à 81ans, le jour de Noël, aura largement mérité son étoile, et elle fut de son vivant, probablement l’une des plus brillantes de son époque. Nous pouvons tous aujourd’hui, où que nous soyons, lui dire merci.

Oborobo.

 
 

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