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Le Musée disparu – Hector Feliciano

Correspondant à Paris pour le Washington Post, au moment de la sortie de son livre, Hector Feliciano s’est rendu célèbre avec le  « Musée disparu ». Il provoqua même un scandale dans « les » milieux de l’art, j’entends par « les » ceux qui aujourd’hui gèrent ou vivent de l’art à savoir les musées, les galeries, les fondations.

Cette enquête, fruit d’un travail de fourmi qui dura 9 ans, met en lumière l’ampleur des vols d’œuvres d’art minutieusement orchestré  par le régime Nazi à partir du printemps 1940.

L’essentiel de l’enquête se déroule en France, pays le plus touché en Europe par le pillage nazi, avec la Belgique et les Pays Bas.
Ce sont pas moins de 100 000 œuvres d’art qui seront ainsi spoliées. Des galeries de renom telles Paul Rosenberg, Bernheim Jeune, des banquiers, David Weill ou les Rothschild ou des collectionneurs privés comme Alphonse Kann ou le financier Fritz Gutmann en feront les frais les premiers pour cause bien évidemment de leur appartenance à la communauté juive.
Cependant les nazis n’hésiteront pas non plus à piocher allégrement dans les musées nationaux et cela même en zone « libre » gérée alors par le gouvernement mis en place par Pétain.

 

Salle dite des « Martyrs » au Jeu de Paume ou étaient exposés ce que les nazis appelaient l’art dégénéré.

 

Que penser de la collaboration assumée des marchands d’art de l’époque, qui, s’en vergogne aucune, vendront ces œuvres volées ?  Que penser de ces acheteurs, qui tenteront à la libération de justifier leur « bonne foi » sur la non connaissance de la provenance des œuvres achetées ? Et pire que penser de ces petits intermédiaires, ces collabos, qui facilitèrent cet odieux pillage.

Car bien évidemment, tout se savait, et la manne gigantesque que représentait d’un seul coup ces œuvres d’art remises ‘providentiellement’ sur le marché ne pouvait qu’attiser l’appât du gain facile, sans la moindre contrariété, car facilité par un régime qui devait durer, selon Hitler, 1000 ans.

 

Des soldats alliés découvrant le butin nazi dissimulé dans les mines de sel de Merkers en Allemagne.

 

La fin de l’enquête nous emmène en Suisse, pays neutre, et qui aura particulièrement bien jouer de sa neutralité avant le conflit, abritant les biens de ceux qui fuyaient alors le régime nazi triomphant, pendant le conflit, recevant l’argent du 3ème Reich, et après le conflit en coopérant fort peu avec les alliés afin de récupérer les biens spoliés. Une fondation d’ailleurs dont je vous laisse découvrir le nom dans le livre, continuait il y a encore peu de temps, à faire la promotion de telle ou telle pièce maîtresse de leur collection en omettant d’en indiquer le propriétaire d’origine ou en falsifiant délibérément la date d’acquisition car effectuée à Paris en 1942…

Le livre d’Hector Feliciano contribue non seulement à rétablir une vérité méconnue mais va permettre également à de nombreux héritiers de retrouver et de récupérer les biens de leur aïeux.

Très bonne lecture.

 

Le Musée disparu, Hector Feliciano, Gallimard, 2009. (ISBN 2070762750).

 

Oborobo.

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