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« Entre vies et légendes » Biographie d’Hubert de Givenchy par Jean-Noël Liaut

Quel bonheur ! Oui, quel bonheur de découvrir la vie de l’un de nos plus talentueux couturiers, l’un des plus méconnus aussi.

Pour la plupart d’entre nous, le nom de Givenchy est associé au mieux à un parfum, au pire à quelques accessoires tels des lunettes, des sacs ou des cravates…
Et pourtant je viens, avec un plaisir immense, de m’immerger dans une vie, que dis je, dans les nombreuses vies d’Hubert de Givenchy.

Au fil des chapitres, qui commencent pour la plupart par un rappel des faits marquants de chaque époque, Jean-Noël Liaut nous révèle ici les multiples talents
de Monsieur de Givenchy, et les rencontres extraordinaires qui façonnèrent et contribuèrent à sa vie, tant professionnelle que personnelle.

Ses débuts se feront chez Jacques Fath, autre grande figure de la Haute-Couture d’après guerre, ou il ne restera que quelques mois, puis chez Lucien Lelong et enfin chez Elsa Schiaparelli, créatrice inventive et personnage haut en couleur, grande rivale déclarée de Coco Chanel par ailleurs.
En 1954, il crée sa propre maison de couture, qu’il « quittera » à regret en 1995, dégoûté par ce que la mode est devenue, et dégoûté aussi par ceux qui détiennent les rênes de sa maison.

Givenchy, nom aujourd’hui associé à un certain classicisme, fut à ses débuts considéré comme « l’enfant terrible » de la mode, bien avant Jean Paul Gaultier, rivalisant d’idées audacieuses et n’hésitant pas à ‘violenter’ un milieu qui à l’époque était très réglementé.

 

Il décida par exemple en accord avec son ami et mentor Cristobal Balenciaga, de ne plus présenter leurs collections en exclusivité à la presse comme il était d’usage depuis des décennies.
Les collections seront présentées prioritairement aux clientes, puis, quelques semaines après, à la presse.
Ce choix n’est bien évidemment pas un simple caprice. La presse de mode à l’époque, se réservait le droit de décider quel modèle était le plus tendance ou digne de figurer dans votre garde de robe. Ces choix arbitraires, souvent, venaient littéralement torpiller le travail de plusieurs mois, tous les modèles présentés étant bien évidemment pour les créateurs, uniques et le fruit d’un travail rigoureux.

Hubert de Givenchy fut aussi le premier à associer un parfum à l’image d’une star.
Audrey Hepburn, son égérie et amie, deviendra le visage officiel de son premier parfum « L’Interdit », choix logique mais aussi affectif, Audrey ayant dés ses premiers films fait appel à Hubert de Givenchy pour les costumes, au hasard citons « Sabrina », « Drôle de frimousse » et bien évidemment « Breakfast at Tiffany’s ».

 

 

 

Il fera aussi partie des pionniers des premières franchises. Les siennes seront d’abord créées aux États-Unis, pays qui durant de longues décennies vouera un culte sans faille à cet aristocrate génial et inventif. A noter d’ailleurs que la première rétrospective Givenchy se fera à New-York en 1982 et non dans son pays d’origine qui mettra presque dix ans à mettre en place la sienne.

Mais les surprises ne s’arrêtent pas là… Hubert de Givenchy créera également des papiers peints, des intérieurs de voiture, mais se lancera aussi avec succès dans la rénovation et la création d’ambiance dans des hôtels à travers le monde : Bruxelles, Singapour, Tokyo, Washington etc…
Membre fondateur des césars du cinéma français, collectionneur d’Art, créateur de jardins, dé d’or pour la seconde fois en 1979, et aujourd’hui membre de la célèbre maison de vente aux enchères Christie’s, la vie d’Hubert de Givenchy est un tourbillon ou la création et les projets exultent.

A travers cette biographie, vous croiserez également des personnalités de premier ordre telles Balenciaga, Madeleine Castaing, Christian Dior, Jacques Fath, et la très adulée Elsa Schiaparelli. Chanel, mais aussi Warhol, Greta Garbo, Marlène Dietrich qui en atelier aidait parfois les ouvrières en cas de rush,  et tout un monde aujourd’hui disparu composé d’aristocrates, de têtes royales, ou de riches américaines ou sud américaines aux exigences parfois étonnantes.

 

 

Je ne peux pas conclure cet article sans mettre en avant les qualités humaines d’Hubert de Givenchy, mais laissons Audrey Hepburn décrire « son » Hubert lors d’un hommage qui lui fut rendu en 1982 à New York :
« Trente ans de génie, trente ans d’amitié, (…) de chaleur et de courage, de douceur et de délicatesse, d’humour et de secours, de bonté et de bienveillance, de fantaisie et de franchise, de vicissitudes et de victoires, de témérité et de tenue.
Trente ans d’infinie intégrité. Hubert est comme un arbre, grand, droit et beau, créant et recréant la beauté été comme hiver. Les racines de son amitié toujours profondes et puissantes, les branches solides de son affection abritent ceux qu’il aime. Hubert n’a peut être pas tout ce qu’il aime, mais il aime tout ce qu’il a. »

 

 

Il y a encore beaucoup à découvrir dans cette biographie que je vous conseille vivement de vous procurez. Aujourd’hui à ma connaissance ce livre n’est plus disponible en librairie, mais vous pouvez le trouver via internet sur différents sites marchands…

Bonne lecture !

 

Entre vies et légendes, Jean-Noël Liaut, Grasset, 2010. (ISBN 2246579910)

Oborobo.

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