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Toto Koopman, « La Javanaise » par Jean-Noël Liaut.

 

Vous commencez à le savoir, j’aime les biographies, et encore plus lorsqu’elles sont consacrées à des personnes aujourd’hui totalement oubliées du grand public.

La dernière en date, que j’ai dévorée, ne fera pas exception.

Jean-Noël Liaut, une fois encore et avec talent, nous compte ici la vie ô combien mouvementée et riche de Toto Koopman,  ici sobrement rebaptisée « La Javanaise » par l’auteur.

 

Portrait de Toto Koopman par Joseph Oppenheimer

 

Libre, métisse, bisexuelle ! Ces  trois mots aujourd’hui n’étonnent plus grand monde, quoique… La liberté vécue par Toto reste selon moi, rare,  s’étant affranchie très tôt du regard des autres et des préceptes moraux qu’ils furent religieux ou appartenant à son époque. Je ne suis pas persuadé qu’aujourd’hui beaucoup serait capable à ce point de s’affranchir de ce que la société dite « bonne » attend de nous.

 

 

Mannequin dans les années 20 -30, actrice, séductrice des deux sexes, espionne dans l’Allemagne de la fin des années 30, résistante durant la seconde guerre mondiale, après être tombée follement amoureuse d’un communiste italien, déportée, ou elle vécu l’horreur d’un camp de déportation  (Ravensbrück), et enfin à la tête, avec Erika Brausen, sa compagne,  de la galerie londonienne la plus célèbre des années 50 et 60, La Hanover Gallery, qui découvrit et lança entre autre Francis Bacon.

 

 

Elle fut la première mannequin métisse à faire la une de Vogue et grâce à George Hoyningen-Huene, l’un des plus grands photographes de mode des années 30, ce dernier lui ouvrira le monde de la mode en faisant de Toto son égérie.

Elle fut, sur un autre registre, probablement aussi la première, voir une des rares personnes à envoyer Mademoiselle Chanel au diable parce qu’elle ne supportait pas son autoritarisme et encore moins ses mains baladeuses !

Dans le camp de déportation où elle vécu l’enfer, elle trouvera tout de même la force pour « égayer » un peu la vie des prisonnières, d’improviser un défilé de mode !

 

 

Je vous laisse découvrir la suite de la vie d’une femme extraordinaire qui fit parti de ce que l’on appela la Café Society, monde malheureusement à jamais disparu, qui réunissait en son sein des mondains, mécènes, artistes, mannequins et qui laissa sa place à une jet-set ennuyeuse, généralement inculte, et pensant faire acte d’outrance en nous livrant la énième sex tape, « involontairement »  mais généreusement répandue sur le net !

Je finirai en reprenant la maxime d’André Breton figurant au dos du livre et résumant parfaitement l’esprit de Toto Koopman.

« Seule la moindre perte d’élan pourrait m’être fatale. »

Bonne lecture !

Oborobo.

 

La Javanaise, Jean-Noël Liaut, Robert Laffont, 2011. (ISBN 2221115546)

 

Portrait de Toto Koopman par Joseph Oppenheimer

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