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Juliette Gréco « Je suis faite comme ça »

 

C’est toujours très compliqué de parler d’un livre et ici d’un « monument »  de la chanson française, tant le personnage est dense.

Je viens juste de terminer l’autobiographie de Juliette Gréco, dont le titre ne laisse planer aucun doute sur la personnalité de son auteur : « Je suis faite comme çà ».

Ce titre sonne comme une mise en garde à ceux qui voudraient la juger, la diriger, en un mot, la priver de sa liberté.

 

 

Que connaît-on vraiment de Juliette Gréco ? Quelques refrains pour les plus âgés d’entre nous,  un visage,  un look tout au plus et pourtant sa vie, d’artiste et personnelle,  ne peut se limiter à cette petite robe noire qui la suivra toute sa vie.

De son enfance difficile à son emprisonnement à 16 ans durant la seconde guerre mondiale, de la déportation de sa mère et sœur (sa seule famille) au Paris de l’après guerre, du café de Flore à New York, de Miles Davis à Abd al Malik, Juliette Gréco nous propose ici une longue promenade au grès de ses souvenirs à la chronologie parfois très personnelle.

 

 

 

Qui se rappelle qu’elle joua dans de nombreux films dont le cultissime Belphégor,  que les paroliers de ses chansons se nommaient Leo Ferré, Brel, Prévert, Françoise Sagan, Boris Vian, Serge Gainsbourg et même Jean-Paul Sartre, parmi d’autres encore.

Elle osa dans les années 50 prendre pour amant un « noir », Miles Davis qui à l’époque débutait au sulfureux « Tabou », cave puis cabaret de jazz où débutèrent quelques futures grandes pointures du jazz et qui trouvèrent à Paris, la liberté et la reconnaissance de leur art.

 

 

 

Dans une époque saturée d’artistes ultra marketés ou chaque sortie d’album, chaque photos, chaque faits et gestes sont soigneusement calculés, il est agréable de retrouver une artiste, respectueuse de ses auteurs, de son public et qui  à 85 ans, continue à remplir des salles au Japon, en Allemagne, à New York dernièrement et bien sur en France . Tout ceci sans tapage, sans promotion particulière et toujours à sa plus grande surprise. Juliette Gréco aime les mots, leur poésie et leur puissance.

 

Voici d’ailleurs une vidéo où l’on peut découvrir Mme gréco chanter en très belle complicité avec Mélody Gardot, une des nouvelles chanteuses de jazz de talent :


 

Son public, étonnamment, s’est rajeuni et souvent elle accueille cette nouvelle génération dans sa loge, curieuse et ravie de toucher un nouveau public. Une jeune génération donc,  ayant peut être ressenti que Juliette Gréco était avant tout une femme libre, une liberté que notre époque ne nous permet plus ou plutôt une liberté que nous n’osons plus approcher.

 

Je suis faite comme ça, Juliette Gréco, Flammarion, 2011. (ISBN 2081254891)

 

Bonne lecture.

Oborobo

 

 

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