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Isadora Duncan « Ma vie »

 

Je vais vous surprendre mais aujourd’hui je ne vais pas vous présenter une biographie, mais un journal ! Inachevé de plus est.

Isadora Duncan, américaine, née à San Francisco en 1877 et issue d’une famille irlandaise, mourra à Nice, étranglée par son écharpe, qui volant au vent, se trouva prise dans les roues de sa voiture alors qu’elle longeait la Promenade des Anglais… Je vous rassure tout de même, personne d’autre ne mourut ce jour là, sa voiture étant conduite par un chauffeur. Point de voiture folle donc, écrasant sur son passage femmes du monde, rombières enturbannées et yorkshires fraichement peignés.

Quelle mort ! Violente certes, mais pour le moins atypique, comme le fut du reste la vie entière de cette femme : une femme moderne, libre, très libre, qui donna un regard nouveau sur un art majeur à savoir la danse.

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Bien plus qu’un regard en fait, elle révolutionna littéralement le genre laissant libre cours au corps et aux mouvements, habillée simplement d’une simple tunique blanche transparente.

Isadora Duncan n’aimait pas les ballets classiques, trop rigides, brisant les corps plus qu’ils ne les révélaient et asséchant les âmes au passage. Elle haïssait ces salles de cours où, des heures durant, de frêles jeunes filles cassaient leurs pointes, et domptaient leurs corps sous le regard sévère, limite sadique des professeurs.

 

La danse contemporaine / jazz, voire le hip-hop doivent beaucoup pour ne pas dire tout à cette femme méconnue aujourd’hui du grand public. Et pourtant, même si le succès populaire fut long à venir, Isadora Duncan fut en son temps une véritable star, voire une idole pour des milliers de personnes à travers la planète.

De New York qu’elle trouvait trop conservatrice et insensible à la modernité, à Londres ou son art fut « connu » lors de représentations dans les soirées de la haute société locale, de Paris à Athènes, de Berlin à Budapest, Isadora n’avait qu’une idée en tête : le mouvement et rendre « visuelle » l’émotion dégagée par les œuvres classiques. Elle y réussit brillamment et notamment en dansant sur certaines œuvres de Wagner, à la demande de sa veuve qui trouvait ici le moyen de sublimer l’œuvre de son défunt mari.

 

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Toute sa vie durant elle essaiera avec plus ou moins de succès de créer une école de danse que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de moderne, mais qui malheureusement ne sera jamais pérenne.

Son école vit le jour mais dû plusieurs fois se déplacer et/ou fermer. Les évènements politiques, la guerre, les fausses amitiés ne l’aidèrent guère.

 

Isadora fut parfois riche, souvent sans le sou… Elle côtoya les plus grands, certains monarques, des artistes, Bourdelle la dessina, Rodin également, Fauré l’adorait.

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La vie d’Isadora Duncan est toute dédiée à son art, mais à travers son journal, c’est aussi le journal d’une femme engagée, d’une mère triplement meurtrie, et une vie de combats très avant-gardistes pour l’époque.

Elle y aborde sa détestation du mariage, son incompréhension face à la souffrance de la femme qui accouche, elle y parle politique, religion, Art et se bat en permanence contre les préjugés et contre ce monde bourgeois, figé dans ses certitudes et dans son confort.

Certains termes aujourd’hui peuvent choquer, « négresse » notamment, il faut cependant le remettre dans le contexte de l’époque. Isadora adorait les clubs de Jazz naissants, enfumés et souvent interlopes où un public à la fois métissé et composé de tout les laissés pour compte se retrouvaient.

 

Ce journal se lit comme un roman, de fait sa vie est un roman. Ce journal se termine peu avant son départ pour la Russie de l’après révolution, où le nouveau pouvoir en place l’appelle et lui promet la fondation d’une école, cette école si ardemment voulue. Elle reviendra deux ans après à Nice… La suite vous la connaissez. À vous de reprendre depuis le début.

Oborobo.

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Ma vie, Isadora Duncan, Gallimard, 07 septembre 1999. (ISBN 2070407012)

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